Fabriquer des éditions, éditer des fabriques
Reconfiguration des processus techniques éditoriaux et nouveaux modèles épistémologiques

Antoine Fauchié


Discours de soutenance

Madame la présidente du jury merci. Je débute la soutenance de ma thèse en annonçant son titre : Fabriquer des éditions, éditer des fabriques : reconfiguration des processus techniques éditoriaux et nouveaux modèles épistémologiques. La soutenance est structurée autour d'un dispositif que je dois expliciter. Chaque _écran_ fait référence à un chapitre ou une section de ma thèse, vous pouvez donc suivre les hyperliens ou les numéros de pages affichés en bas de chaque diapositive. Cela vous donne accès à une version qui n'a pas été validée et qui est donc soumise à évoluer, toutefois les liens hypertextes seront toujours valides. Je remercie tout d'abord mes directeur et codirecteur de recherche, Marcello Vitali-Rosati et Michael Sinatra. Merci à Evelyne Broudoux et à Emmanuël Souchier d'évaluer mon travail, merci à Juliette De Meayer de présider cette soutenance, et merci à Jean-Marc Delarrue de représenter le doyen. Enfin merci aux personnes présentes d'assister à cette soutenance, sur place ou à distance, votre présence compte.

Plan de la soutenance

  1. Introduction
  2. Méthodologie
  3. Résultats
  4. Impacts et perspectives

Ma présentation est construite en quatre parties : j’introduis et je situe ma recherche, je présente mon dispositif méthodologique, j’énonce mes résultats et je termine en présentant les impacts et les perspectives.

1. Introduction

Les processus d’édition sont constitutifs de la production du sens, ils reflètent des visions du monde plurielles.

Cette thèse porte sur les processus d’édition. Dans cette thèse je défend l’hypothèse selon laquelle ces processus d’édition sont constitutifs de la production du sens et qu’ils reflètent des visions du monde plurielles. J’élabore le concept de fabrique, et je définis le phénomène de fabrique d’édition, afin de démontrer que les dimensions techniques sont imbriquées, telles que la construction de procédés de fabrication d’artefacts que sont les livres, ou tel que le travail sur le texte et sa structuration sémantique ou sa composition typographique.

L’acte éditorial comprend autant la formalisation d’un texte que la constitution des outils permettant ce travail.

1. Introduction

1.1. Contexte, problématique, hypothèse, thèse

Contexte
Évolution des techniques de production et de diffusion du livre

Mon point de départ est l’invention de l’impression à caractères mobiles en Europe au quinzième siècle. Je ne considère pas cette invention technologique comme une révolution, toutefois cette technique de production et de diffusion du livre a engendré de nombreux bouleversements dans la constitution du savoir, et a été suivie de nombreuses évolutions dans la fabrication du livre. Manuels, mécaniques, automatiques puis numériques, ces techniques et ces technologies modifient les pratiques d’édition : depuis la réception d’un manuscrit jusqu’à la production des fichiers nécessaires aux imprimeurs. Aujourd’hui l’informatique et ses logiciels sont incontournables, tout comme le travail en réseau qui s’est imposé depuis une trentaine d’années. Les méthodes et les outils d’édition sont actuellement relativement homogènes, des logiciels comme Microsoft Word ou Adobe InDesign sont utilisés dans quasiment tous les domaines éditoriaux. Pourtant, certaines structures d’édition n’ont pas recours à ces logiciels, réfutant une certaine fatalité, et préférant assembler ou construire leurs propres outils. Ces pratiques, que je qualifie de non conventionnelles, génèrent de nouveaux modèles épistémologiques.

1. Introduction

1.1. Contexte, problématique, hypothèse, thèse

Problématique
Comment des visions du monde s’incarnent dans la mise en place de dispositifs techniques d’édition ?

Mon travail de recherche est une interrogation des procédés techniques d’édition dans le domaine des lettres. Je considère que la pensée est imbriquée dans des processus dispositifs — pour reprendre un qualificatif de Louise Merzeau. La place hégémonique de plusieurs logiciels semble empêcher tout questionnement sur la technique, ce qui explique que je m’intéresse à des initiatives originales ou marginales qui donnent à voir de nouvelles modélisations éditoriales créatrices de sens. Cela me mène à la question suivante : comment des visions du monde s’incarnent dans la mise en place de dispositifs techniques d’édition ?

1. Introduction

1.1. Contexte, problématique, hypothèse, thèse

Hypothèse
L’acte éditorial est l’imbrication d’opérations diverses, y compris la mise en place de processus techniques d’édition

Mon hypothèse est la suivante : l’acte éditorial est une unité et non deux composants souvent distingués, voir opposés. Ainsi, le travail sur le texte et l’élaboration des éléments techniques pour ce travail sont imbriqués. La mise en place des éléments techniques nécessaires à une chaîne d’édition fait partie intégrante de l’acte éditorial et donc de la production du sens. Cet entremêlement est plus particulièrement visible avec certaines initiatives, qui délaissent les logiciels habituels pour des programmes assemblés ou créés.

J’identifie ici un phénomène de fabrique d’édition, où les phases de révision ou de composition du texte sont imbriquées avec la création ou l’adaptation de programmes qui permettent ces opérations.

1. Introduction

1.2. Cadre théorique

Littérature, sciences de l’information et de la communication
L’édition en tant que dispositif d’information

(). Le texte et la technique: la lecture à l’heure des médias numériques. Le Quartanier.
(). Épistémologie des sciences de l’information : histoire intellectuelle des concepts, théories et paradigmes. Revue française des sciences de l’information et de la communication(24). https://doi.org/10.4000/rfsic.12443
(). Nouvelles tendances applicatives: de l’indexation à l’éditorialisation. Dans L'indexation multimédia description et recherche automatiques. (pp. 309–321). Hermès Science/Lavoisier.
(). The book. The MIT Press.
(). Inscrire et effacer : culture écrite et littérature, XIe-XVIIIe siècle. Gallimard le Seuil.
(). Chaînes éditoriales et rééditorialisation de contenus numériques. ADBS. Consulté à l’adresse https://hal.inria.fr/hal-00740268
(). Track changes: a literary history of word processing. The Belknap Press of Harvard University Press.
(). Éditorialisation collaborative d’un événement. Communication et organisation. Revue scientifique francophone en Communication organisationnelle(43). 105–122. https://doi.org/10.4000/communicationorganisation.4158
(). L’image du texte pour une théorie de l’énonciation éditoriale. Les cahiers de mediologie, 6(2). 137–145. https://doi.org/10.3917/cdm.006.0137

Ma thèse s’inscrit dans plusieurs champs de recherche, au croisement de la littérature, des sciences de l’information et de la communication, et des humanités numériques.

L’étude d’objets éditoriaux et de structures d’édition ancre ma recherche dans le champ littéraire, et plus spécifiquement dans l’analyse de dispositifs qui articulent texte et technique, ces dispositifs sont à l’origine d’objets culturels qui forment la littérature.

Les sciences de l’information et de la communication constituent une diversité de théories, qui analysent le rôle joué par les processus d’information et de communication sur l’espace social, économique et politique. Dans cette thèse j’étudie plus spécifiquement l’édition en tant que dispositif d’information, en convoquant notamment les théories de l’énonciation éditoriale d’Emmanuël Souchier ; d’éditorialisation de Bruno Bachimont, Louise Merzeau ou Marcello Vitali-Rosati ; ou encore en abordant le concept de chaînes d’édition développé par Stéphane Crozat.

1. Introduction

1.2. Cadre théorique

Études du livre, études de l’édition
L’objet livre et les pratiques d’édition

(). Le livre à l’heure numérique: papiers, écrans, vers un nouveau vagabondage. Éditions du Seuil.
(). The book. The MIT Press.
& (). L’édition électronique. La Découverte.
, & (). D’encre et de papier: une histoire du livre imprimé. Imprimerie nationale éditions / Actes Sud.
(). The Printing Press as an Agent of Change: Communications and Cultural Transformations in Early Modern Europe. Cambridge University Press.
& (). L’édition à l’ère numérique. La Découverte.
& (). L’apparition du livre. Albin Michel [1999].
(). Histoire du livre. Presses universitaires de France [2001].
& (). Une histoire de la lecture. Actes Sud.
(). Brève histoire de la concentration dans le monde du livre. Libertalia.
& (). Histoire du livre et de l’édition : production & circulation, formes & mutations. Albin Michel.

Les études du livre et de l’édition sont deux champs qui analysent en détail des phénomènes tels que la constitution du savoir, ou plus globalement les évolutions historiques, sociales et économiques à travers le livre et l’édition. Ainsi plusieurs chercheuses et chercheurs démontrent les liens entre des évolutions techniques et la production du sens : Elizabeth Eisenstein, Jean-Yves Mollier et ses différentes recherches sur l’édition, ou encore Yves Sordet avec son livre Histoire du livre et de l’édition.

Les travaux d’Amaranth Borsuk se situent à l’intersection des études littéraires, des media studies et des études du livre et de l’édition, ainsi que du numérique — comme les travaux de Matthew Kirschenbaum en littérature, ou de Benoît Epron et de Marcello Vitali-Rosati.

1. Introduction

1.2. Cadre théorique

Le numérique
Terrain de recherche au croisement des études de l’édition et des études des médias

& (). Remediation: understanding new media. The MIT Press.
(). Éditorialisation et autorité: dispositifs info-communicationnels numériques. De Boeck supérieur.
Citton, Y., Lechner, M. & Masure, A. (). Angles morts du numérique ubiquitaire: glossaire critique et amoureux. Les Presses du réel.
& (). Le logiciel n’existe pas. Dans Mode protégé. (pp. 29–45). les Presses du réel.
, & (). Le langage des nouveaux médias. Les Presses du réel.
, , & (). Le numérique comme écriture: théories et méthodes d’analyse. Armand Colin.
(). Espace documentaire participatif et gouvernance.

Le numérique constitue un terrain de recherche pour ces études de l’édition, ainsi que pour les sciences de l’information et de la communication. Avec le numérique, des questions ressurgissent, comme l’auctorialité ou l’autorialité, ou l’apparition et la transformation de métiers et de pratiques. Je me concentre plus particulièrement sur l’édition numérique. Les études des médias viennent ici faire le lien entre plusieurs champs de recherche, et dans ce cadre les humanités numériques me permettent d’établir une approche spécifique pour traiter ces enjeux.

1. Introduction

1.2. Cadre théorique

Humanités numériques
Imbrication des recherches théoriques et des expérimentations pratiques, regards réflexifs et critiques

, & (). Digital_humanities. MIT Press.
Gold, M. (). Debates in the Digital Humanities. University of Minnesota Press.
(). Design et humanités numériques. Éditions B42. Consulté à l’adresse http://esthetique-des-donnees.editions-b42.com/#design-et-humanites-numeriques/complement/contenu-complementaire-1
(). Feminist in a software lab: difference + design. Harvard University Press.
(). Les humanités numériques : Une histoire critique. Éditions de la Maison des sciences de l’homme.
Mounier, P. (). Read/Write Book 2: une introduction aux humanités numériques. OpenEdition Press.
(). On Building. DansTerras, M., Nyhan, J. & Vanhoutte, E. (Eds.), Defining digital humanities: a reader. (pp. 243–245). Routledge.
Schreibman, S., Siemens, R. & Unsworth, J. (). A Companion to Digital Humanities. Blackwell Publishing.
Sinatra, M. & Vitali-Rosati, M. (). Pratiques de l’édition numérique. Presses de l'Université de Montréal. Consulté à l’adresse http://www.parcoursnumeriques-pum.ca/1-pratiques

Les humanités numériques sont une approche pluridisciplinaire, où les domaines que je viens de mentionner convergent. Les humanités numériques constituent un apport méthodologique directement lié au numérique. Je ne peux pas considérer une pratique scientifique sans l’élaboration de processus d’émergence du sens. Tout projet de recherche est un dispositif de pensée et donc un dispositif technique. La fabrication collective d’environnements de travail et d’expérimentation est un des résultats de l’approche des humanités numériques.

1. Introduction

1.2. Cadre théorique

Design et anthropologie
Une pluridisciplinarité pour l’étude de processus techniques d’édition

& (). Technologies de l’édition numérique. Sciences du design, 8(2). 11–17. https://doi.org/10.3917/sdd.008.0011
(). La singularité flussérienne. Multitudes, 74(1). 167–175. https://doi.org/10.3917/mult.074.0167
(). Petite philosophie du design. Circé.
, & (). Faire: anthropologie, archéologie, art et architecture. Éditions Dehors.
(). Design et humanités numériques. Éditions B42. Consulté à l’adresse http://esthetique-des-donnees.editions-b42.com/#design-et-humanites-numeriques/complement/contenu-complementaire-1
(). Une brève histoire des templates, entre autonomisation et contrôle des graphistes amateurs. Revue Design Arts Medias. Consulté à l’adresse https://journal.dampress.org/issues/systemes-logiques-graphies-materialites/une-breve-histoire-des-templates-entre-autonomisation-et-controle-des-graphistes-amateurs
(). Le vacillement des formats : matérialité, écriture et enquête : le design des publications en Sciences Humaines et Sociales. Université Rennes 2. Consulté à l’adresse https://theses.hal.science/tel-03052597
Zielinski, S., Weibel, P., Irrgang, D., Antunes, M. & Baitello jun., N. (). Flusseriana: An Intellectual Toolbox. Univocal.

Je dois mentionner un certain nombre de références dans le champ du design, ce qui est symptomatique, à mon sens, de cette nécessaire pluridisciplinarité dans cette entreprise d’étude des processus techniques d’édition. Je fais référence aux travaux de Vilèm Flusser, dont certains textes ont plus récemment bénéficié d’un travail de recherche et de traduction initié notamment par Yves Citton et Anthony Masure, dans l’espace francophone.

Enfin, le texte de Tim Ingold, Faire: anthropologie, archéologie, art et architecture, s’inscrit dans le champ de l’anthropologie, et permet de tracer des lignes entre ces différents champs de recherche. Dans ce livre, Tim Ingold évoque par exemple Vilèm Flusser au sujet d’une définition originale du design.

Le plan de ma thèse reflète cette pluralité de domaines.

1. Introduction

1.3. Plan de la thèse

  1. Livre
  2. Édition
  3. Numérique
  4. Formats
  5. Fabriques

Le premier chapitre définit le livre depuis ses procédés de production et de reproduction. Que nous révèlent une définition approfondie du livre, une description des procédés techniques qui sont à son origine et une étude de l’évolution de ses formes ? L’étude d’un livre, de ses formes et de son dispositif technique me permet d’illustrer ces enjeux. Le livre porte ses conditions d’existence. Le livre est un artefact. Le livre est un objet conçu par une personne humaine et il requiert des processus techniques complexes. Nous pouvons déceler les modes de production à travers le livre en tant que nous le considérons ainsi, comme un artefact. Le livre est plus précisément un artefact éditorial, il s’agit d’un mode de production d’un objet culturel qui conserve les marques ou les traces d’un processus de fabrication. L’étude d’un ouvrage publié aux Ateliers de [sens public] — projet auquel j’ai collaboré — , permet de confirmer et d’épuiser les liens entre ces deux concepts : livre et artefact éditorial.

Le livre est l’aboutissement visible, et lisible, de cette activité nommée édition, c’est l’objet du deuxième chapitre. Notre hypothèse consiste ici en une définition de l’édition comme une activité hybride et réflexive, et plus spécifiquement comme un acte, et non comme un geste. Certaines initiatives éditoriales, telle que celle d’Abrüpt que j’étudie, sont des approches originales de l’édition, qui repensent autant les formes et les formats, que les dispositifs techniques nécessaires à leur émergence. Le concept d’éditorialisation permet de considérer des pratiques d’édition comme constitutives d’environnements, et non comme la seule production d’artefacts. L’éditorialisation, à la fois dans une perspective documentaire ou dans des recherches ancrées autour de l’étude de chaînes d’édition, nous oblige à prendre en compte la technicité des processus éditoriaux dans les dimensions de diffusion de l’édition. L’analyse de la chaîne d’édition ou d’éditorialisation Le Pressoir illustre cela.

Le chapitre trois est consacré au numérique, en tant qu’il modifie profondément les mécanismes de modélisation épistémologique : le numérique est une reconfiguration des processus d’édition. Après une définition du numérique et de la culture numérique, j’étudie un phénomène que je qualifie d’homothétisation : il s’agit d’une transposition de l’imprimé dans un environnement numérique. Je détermine ce que signifie éditer avec le numérique, et j’illustre cela avec l’étude d’Ekdosis, un paquet LaTeX pour l’édition critique de textes classiques. Le lien fondateur entre édition et humanités numériques permet de distinguer éditer avec et en numérique. Les humanités numériques, en tant qu’approche critique et réflexive, interrogent les outils informatiques invoqués et les effets de leurs usages sur nos modèles épistémologiques. L’étude du projet Le Novendécaméron illustre ce mouvement pluriel d’élaboration technique et de réflexion sur les manières d’éditer.

Dans le quatrième chapitre j’étudie le concept de format, en tant qu’élément essentiel des processus d’édition, et plus précisément d’édition numérique. Les formats représentent les énonciations, les actes ou les contraintes dont l’édition est l’objet. Les formats ont la charge de définir les modalités sémantiques nécessaires à l’édition numérique, cela est particulièrement visible lorsque nous étudions certains formats. L’étude de cas que je consacre au langage de balisage léger Markdown permet d’envisager les enjeux sémantiques non plus uniquement en terme de formats mais de modélisations. La définition des principes du single source publishing, ou édition multi-formats à partir d’une source unique, est ainsi une entreprise que je mène pour considérer l’établissement d’une sémantique au-delà des seuls contenus. L’étude du module d’export de l’éditeur de texte Stylo est une occasion de comprendre les implications de choix techniques sur la modélisation éditoriale, sur les actes éditoriaux.

Enfin, dans le cinquième et dernier chapitre, je réalise une critique du logiciel, considérant qu’il constitue une anti-fabrique, qu’il force une dissociation entre la technique du texte et la technique du processus, qu’il oblige à un solutionnisme technologique. À quel point un acte d’édition peut-il également être une opération de construction d’un processus ? Je définis la fabrique comme cette imbrication des phases de révision, de programmation, de composition, d’agencement de programmes ou de modélisation.

2. Méthodologie

Méthodologie expérimentale : imbriquer théorie et pratique.

Si je qualifie ma méthodologie d’« expérimentale », c’est parce qu’elle s’articule autour d’enjeux théoriques et pratiques, ces deux versants étant imbriqués. Ma méthodologie est indissociable du développement de projets prototypes ou de réalisations techniques diverses. Dit autrement, j’effectue mes recherches avec des expérimentations, je mets en place des chaînes d’édition, des fabriques, pour établir des constats, formuler et éprouver des hypothèses, construire des concepts. Même si certains projets passent l’étape de mise en production, voir celle d’une industrialisation afin d’élargir leur audience et d’améliorer leurs usages, ce sont des projets de recherche qui n’ont pas vocation à devenir des produits. Il s’agit de définir des modélisations, de les implémenter avec des technologies, et de rendre compte des apports de telles manipulations.

2. Méthodologie

2.1. Dispositif méthodologique

  1. théorisation
  2. critique
  3. illustration de la tension
    première étude de cas (dispositif extérieur)
  4. conceptualisation
  5. épuisement du concept
    seconde étude de cas (dispositif constitué pendant la thèse)

Pour réaliser ma recherche j’ai dû inventé un dispositif inédit que je duplique pour chaque chapitre. Chacun des chapitres est constitué des mêmes cinq sections. Je présente le contexte théorique en étudiant un premier concept directement lié à la thématique du chapitre. Je prolonge ensuite ce concept avec un regard critique qui soulève une tension théorique. Cette tension est illustrée avec une première étude de cas, qui concerne un objet ou un dispositif extérieur. J’établis ensuite une hypothèse conceptuelle pour dépasser la tension initiale. Enfin je réalise une seconde étude de cas pour épuiser cette hypothèse, cette fois autour d’un objet ou d’un dispositif auquel j’ai directement contribué pendant la thèse.

Ce dispositif méthodologique original a été élaboré pour structurer ma recherche, et pour refléter ma démarche où je défend le fait que l’articulation entre recherche théorique et expérimentations pratiques est nécessaire dans ma thèse.

2. Méthodologie

2.2. Corpus

Dispositifs éditoriaux :

J’étudie des dispositifs éditoriaux, ce qui inclut des processus formalisés telles que des chaînes d’édition, mais aussi des logiciels et des programmes informatiques. Ce sont donc des objets techniques, mais aussi littéraires, au sens large, qui sont compris comme des dispositifs générateurs et diffuseurs de sens. Certaines des dix études de cas réalisées dans ma thèse ont pour objet des livres et des structures d’édition, mais toujours dans l’optique d’analyser les dispositifs techniques qui permettent leur conception ou leur existence.

Ces objets, variés, ont en commun d’être des fabriques d’édition, et répondent à des critères préalablement établis.

2. Méthodologie

2.3. Sélection et analyse

Critères de sélection :

Les quatre critères — modularité, ouverture, originalité et hybridation — ont été établis afin de pouvoir étudier des dispositifs éditoriaux. Je précise que ces critères ont été mis en place durant plusieurs phases de recherche pendant le doctorat, dont certaines ont fait l’objet de publications dans mon carnet de recherche ou dans des articles dans des revues (avec évaluation par les pairs). Enfin, ces critères ont été déterminés en effectuant un recensement de nombreuses initiatives éditoriales.

La modularité correspond à un dispositif qui peut être décomposé, et donc qui ne repose pas sur la suprématie d’un outil ou logiciel, dans lequel de nombreuses fonctions sont insérées sans pouvoir les discerner [reformuler cette phrase]. Un dispositif modulaire permet d’identifier ses composants et donc des fonctions, plutôt que d’identifier des solutions.

L’ouverture est à comprendre dans le sens d’une volonté de dévoiler les rouages des dispositifs. Cela se traduit d’une part par la mise à disposition des outils, et d’autre part par l’attribution d’une licence ouverte à ces outils — logiciels, programmes, code. Si les mécanismes des dispositifs sont dévoilés, et qu’il est même permis de les utiliser ou de les modifier, alors leur étude est possible.

Le critère d’originalité correspond à un degré de non conventionnalité ou, dit autrement, au fait que le dispositif représente une alternative ou une démarche marginale par rapport aux pratiques les plus communes. Cela signifie qu’il faut déjà être en mesure de définir des pratiques communes, et ensuite de déterminer à quel point certaines s’en distinguent : positionnement politique, démarche éditoriale générale, forme des artefacts, stratégie de diffusion ou absence de stratégie.

Enfin le critère d’hybridation est entendu ici comme la faculté de dispositifs à mêler un savoir-faire imprimé avec des technologies numériques, comme Alessandro Ludovico a pu le développer dans Post-digital print. Il ne s’agit pas d’opposer deux modèles dans la mise en place d’un dispositif éditorial, mais bien de comprendre leur spécificité pour déterminer à quel point l’une peut enrichir l’autre.

2. Méthodologie

2.3. Sélection et analyse

Grille d’analyse :

  1. description générale et contextuelle
  2. fonctionnement
  3. spécimen(s)
  4. critiques

Pour analyser ces dispositifs, j’ai établi une grille spécifique. Chaque étude de cas comprend ainsi une description générale et contextuelle, pour situer le dispositif, en l’occurrence dans des environnements d’édition propres. La description du fonctionnement est analytique, tout en présentant les usages attendus du dispositif et les rouages techniques. Le ou les spécimens sont les artefacts que le dispositif éditorial étudié est en mesure de créer, de fabriquer, de produire ou de générer. Ils peuvent être comparés avec d’autres objets issus d’autres dispositifs. Enfin, la partie critiques fait le lien avec les concepts précédemment présentés, et entend apporter le recul nécessaire à ces études de cas.

L’analyse de dispositifs éditoriaux n’est possible qu’avec le travail de théorisation qui le précède, tout comme ce travail d’étude sous-tend les entreprises de conceptualisation.

3. Résultats

J’ai découvert que les fabriques d’édition sont des processus techniques éditoriaux qui produisent de nouveaux modèles épistémologiques

Le phénomène de fabrique d’édition est un cadre d’analyse de pratiques d’édition non conventionnelles

Les fabriques d’édition sont des actes éditoriaux. Dans certaines initiatives éditoriales, il est impossible de distinguer le travail traditionnel d’édition et ce qui constitue des opérations techniques contemporaines, numériques. Les efforts de modélisation sémantique, ou la mise en place de processus techniques d’édition, participent autant à un projet éditorial que les phases de révision, de structuration sémantique ou de composition.

Ma thèse constitue un apport théorique important à travers l’élaboration de plusieurs concepts. J’ai pu les faire émerger grâce à l’observation et à la mise en place d’expérimentations. Ce sont ces dispositifs que je veux faire parler en les étudiant et en les créant. Je détaille certains d’entre eux dans le point suivant.

3. Résultats

3.1. Concepts

Artefact éditorial
Le livre porte les conditions techniques de son existence

Le livre est un artefact, un objet créé via un processus défini — le livre n’est pas un accident. Considérer le livre comme un artefact, c’est affirmer qu’il n’est pas seulement un support — une forme issue d’une fabrication — mais qu’il porte également l’ensemble des procédés techniques nécessaires à son émergence. La portée de cette affirmation, dans un contexte numérique, nous permet d’envisager tout livre numérique dont le code peut être analysé comme un objet d’étude.

Le concept d’artefact éditorial permet d’identifier la dimension processuelle du livre.

3. Résultats

3.1. Concepts

Single source publishing
Méthode et processus implémentant la modélisation sémantique

Avant de considérer le single source publishing comme concept, il faut spécifier qu’il s’agit d’abord de principes. En effet il s’agit d’une méthode consistant à produire plusieurs formats ou plusieurs versions à partir d’une seule source, en appliquant diverses conversions et transformations — contrairement au fait de devoir modifier plusieurs versions d’une même source pour en produire autant d’artefacts.

L’édition multi-formats à partir d’une source unique est un concept en tant que sa définition théorique permet d’envisager des opérations souvent éludées ou invisibilisées dans des activités éditoriales. Le fait d’envisager de fabriquer plusieurs formats de livre dans un même acte éditorial induit la nécessité de scénariser les processus techniques. La réalisation de gabarits et l’implémentation de commandes qui traduisent ces scénarios relèvent d’une activité éditoriale.

Cela est par exemple directement visible dans les deux principales versions de ma thèse, à savoir une version web (ou format HTML) et une version paginée (ou format PDF), où les concepts sont identifiés, définis et appelés via des processus de modélisation contextuelle.

3. Résultats

3.1. Concepts

Fabrique
Imbrication des différentes strates techniques d’une pratique d’édition

C’est à travers un dialogue théorique entre Tim Ingold et Vilèm Flusser que je construis le concept de fabrique. La fabrique est une manière de concevoir et de produire des artefacts, où sont imbriquées la constitution d’un processus et la production d’un artefact (production permise par ce processus). Dans le cas de l’édition, il s’agit de prendre en considération l’unité de l’acte éditorial par cette imbrication ou cet entremêlement, plutôt que de séparer ces opérations, plutôt que de les détacher les unes des autres, voir de les opposées.

L’apport du concept de fabrique dépasse le seul constat de cet entremêlement, il s’agit d’une opportunité pour retrouver une maîtrise de nos environnements techniques dont nous sommes dépossédés, dans lequel le solutionnisme technologique, par la voie du logiciel, a pris toute la place. Il nous faut apprendre à décoder en faisant, pour reprendre des termes de Vilèm Flusser et de Tim Ingold.

La définition de la fabrique est un travail original et inédit, malgré les nombreux usages de ce terme pour des publications diverses, y compris académiques. Je dois mentionner ici le travail de recherche de Margot Méllé, qui réalise aussi une conceptualisation de ce terme, et qui soutient sa thèse cet après-midi même.

3. Résultats

3.2. Dispositifs

Le Pressoir
Une chaîne d’édition multimodale

J’évoque ici trois expérimentations, issues de travaux collectifs que j’ai coordonnés, qui constituent aussi des résultats mis à disposition de la communauté scientifique : en tant que modélisations éditoriales qui peuvent être réutilisées, mais aussi en tant que preuves de concept en édition et en édition numérique. Il y a une complémentarité entre ces terrains d’étude, et ces terrains m’amènent à considérer les différentes opérations technique éditoriales comme créatrices de sens, en tant qu’elles sont imbriquées, qu’elles sont indissociables mais néanmoins distinguables.

Le Pressoir est une chaîne d’édition et de publication créée par la Chaire de recherche du Canada sur les écritures numériques, avec l’aide de David Larlet et de Hélène Beauchef. Les apports de cette chaîne ou fabrique consistent en trois points :

  • la capacité de produire plusieurs versions d’un texte à partir d’une seule source ;
  • la possibilité de fabriquer une édition enrichie ;
  • le développement de composants logiciels réutilisables dans d’autres contextes.

Le Pressoir a été créé puis modifié de façon itérative pour chaque livre de la collection Parcours numériques des Presses de l’Université de Montréal et pour la structure d’édition les Ateliers de [sens public].

3. Résultats

3.2. Dispositifs

La fabrique d’édition du Novendécaméron
Un processus technique d’édition

Le recueil de texte édité par Chantal Ringuet et Jean-François Vallée, le Novendécaméron, a été conçu en même temps qu’une chaîne d’édition et de publication.

L’organisation des textes, la temporalité de publication (d’abord sur le principe des feuilletons) et la composition typographique étaient directement liées aux différentes décisions concernant la mise en place de la chaîne d’édition. Le processus a directement influencé des choix liés aux texte, et la nature des contributions a également influencé des décisions sur les processus permettant de produire différents artefacts.

3. Résultats

3.2. Dispositifs

Le module d’export de Stylo
Une modélisation éditoriale pour la publication scientifique

Le travail réalisé autour de Stylo, avec l’équipe de chercheuses et de chercheurs, de développeurs et de développeuses, et d’étudiants et d’étudiantes, a permis de mettre en lumière la complexité d’une modélisation éditoriale basée sur les principes du single source publishing. La recherche d’un processus permettant de créer plusieurs formats, avec des contraintes fortes liées aux plateformes de diffusion scientifique, a été un défi important et nous a permis de nous poser des questions techniques qui portent autant sur les flux éditoriaux centrés sur les textes, que ceux sur les processus de conversion et de transformation.

Je ne mentionne pas ici le dispositif créé pour ma thèse, qui est l’objet de la dernière étude de cas, parce que ce dispositif a une valeur de démonstration et non de modèle.

4. Impacts et perspectives

Au-delà des résultats, il s’agit aussi ici de mesurer l’impact de mes recherches et les perspectives qui en découlent.

4. Impacts et perspectives

4.1. Impacts

La fabrique comme outil méthodologique

Le phénomène de fabrique d’édition comme cadre d’analyse de pratiques d’édition

Le concept de fabrique et le phénomène de fabrique d’édition sont des outils indispensables pour analyser des pratiques d’édition non conventionnelles ou émergentes dans un contexte numérique comme une unité — à savoir en évitant le dualisme édition versus auteur ; mais également pour établir de nouvelles études de dispositifs éditoriaux pré-numériques.

4. Impacts et perspectives

4.2. Perspectives

Les interfaces textuelles dans les pratiques d’édition
Le rôle émancipateur de ces approches opposées aux approches logicielles classiques

Le permacomputing dans un contexte de crise écologique
Une reconfiguration de nos pratiques numériques

J’évoque ici deux perspectives radicales qui sont directement liées à mon travail de recherche. Elles sont radicales au sens d’un choix total et non d’un retour aux sources.

À travers, ou en parallèle, de ce travail de recherche, j’ai observé et expérimenté des interfaces textuelles, ce que nous appelons aussi des environnements en mode texte, ou des interfaces utilisateur basées sur l’usage du terminal. L’enjeu ici est de déterminer l’influence qu’ont ces modes d’interaction sur la fabrication d’artefacts tels que des livres. Ces modes d’interaction sont basés sur le texte et non sur des interfaces graphiques (disposant souvent de boutons), chaque action étant déclenchée par une commande textuelle. C’est l’un des axes de recherche que je suis en train de débuter, notamment en lien avec le concept d’architexte (ou de dispositif d’écriture de l’écriture) ou les travaux d’Étienne Candel autour des interfaces textuelles (avec son habilitation à diriger des recherches), et aussi dans le prolongement des recherches d’Alan Kay sur les premières interfaces.

Le néologisme permacomputing définit une approche né d’un double constat : la culture informatique se caractérise par une tendance forte au gaspillage des dispositifs matériels (machines, composants, câbles, etc.), et d’autre part les ressources permettant leur maintien ou leur renouvellement s’épuisent. Dans un contexte d’urgence climatique il est opportun de repenser notre empreinte numérique, et notamment via le changement radical de nos pratiques. Cela passe par la réutilisation de machines anciennes, par le refus d’accepter une certaine évolution des dispositifs techniques, d’envisager certaines des perspectives du mouvement dit low-tech. Ainsi, qu’est-ce qu’engendre la mise en place de processus d’édition conçu avec et pour des dispositifs de plus bas niveau ? Il ne s’agit pas tant d’un défi technique — pourtant existant — , mais de l’émergence de nouvelles pratiques qui vont se développer : organisation du travail, dimensions créatives, pérennisation, archivage, etc. Autant dire que dans un contexte où les grands modèles de langue sont de plus en plus utilisés, et particulièrement énergivores, l’enjeu est de taille.

these.quaternum.net

src.quaternum.net/t

Je clos ma présentation sur le lien qui mène à ma thèse et à ses sources. Je laisse ainsi à disposition un texte et ses modélisations. Il ne s’agit pas seulement de donner accès au texte et à ses artefacts, mais aussi de dévoiler, de visibiliser les mécanismes d’émergence de la connaissance.

Je vous remercie.

Pause de fin de discours.

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Remerciements.

Je tiens à remercier le jury pour ce temps d’échange et de discussion, merci à Juliette De Maeyer, Evelyne Broudoux, Emmanuël Souchier et Jean-Marc Larrue.

Merci à mes directeur et codirecteur pour leur soutien durant tout le doctorat. Marcello merci pour cette opportunité de faire de la recherche dans un cadre enrichissant et enthousiasmant. Ta direction a été un moteur de ma recherche, avec un juste équilibre entre rigueur et bienveillance. Notre collaboration, comme on dit, dépasse largement le cadre universitaire, tant les échanges intellectuels ont été riches au-delà des seules activités universitaires. Michael merci pour ton encadrement qui m’a apporté une structure ainsi que de multiples connexions avec de nombreux réseaux académiques. Les rencontres permises par ton talent de rassembleur ont beaucoup apporté à mes réflexions.

Cette thèse doit beaucoup à Margot Mellet, chercheuse talentueuse, éditrice acharnée, première relectrice, et amie.

Beaucoup de personnes ont initiés, contribués, développés, relancés ou défendus les projets expérimentaux qui sont présents dans ma thèse. Merci à David Larlet, Guillaume Grossetie, Thomas Parisot, Timothée Guicherd, Maïtané Lenoir, et Yves Marcoux. Je remercie plus particulièrement Hélène Beauchef, Jean-François Vallée, Nicolas Sauret, Servanne Monjour, chacune et chacun pour des raisons différentes, mais toutes et tous pour être une source d’inspiration et de motivation.

Merci à Roch Delannay pour les échanges intellectuels et culinaires.

La Chaire de recherche du Canada sur les écritures numériques est un espace de recherche qu’il me serait difficile de décrire avec justesse ici. Je tiens toutefois à préciser que j’ai bénéficié d’un environnement stimulant, bienveillant, et que je suis particulièrement fier d’avoir partagé un espace de fabrication et de réflexion avec des étudiantes et des étudiants incroyables. Merci à Eugénie Matthey-Jonais, Giulia Ferretti, Emmanuelle Lescouet, François Maltais-Tremblay, Charlotte Lebon, Yann Audin, Arilys Jia, Luiz Capelo, Enrico Agostini Marchese, ainsi que Katrina Kaustinen. Un merci spécial à Mathilde Verstraete, vraiment, ainsi qu’à Louis-Olivier Brassard.

De près ou de loin, pour leur radicalité, leur ouverture, leur générosité, leurs combats, leur aide ou leur soutien, je remercie vivement Julie Blanc, Rekka Bellum, Devine Lu Linvega, Julien Taquet, Robert Alessi, Gabrielle Pannetier Leboeuf, Léonore Brassard, Julien Bidoret, Constance Crompton, Igor Milhit, Benoît Epron, Valérie Larroche, Susan Brown, Benoît Melançon, Nicolas Taffin, Lucile Haute, Enzo Poggio, John Maxwell, Emmanuel Château-Dutier, Joe Mooring.

Merci aux personnels administratifs de l’Université de Montréal, et en premier lieu à Kathy Leduc.

Merci aux bibliothécaires et aux aides bibliothécaires de la bibliothèque Lettres et sciences humaines de l’Université de Montréal.

Merci aux membres des collectifs Inachevé d’imprimer (et d’abord à Arthur Perret) et PrePostPrint.

Merci à celles et à ceux qui me soutiennent ici et ailleurs, ma famille et mes amis : Elyane, Michel, Marie, Jean, Laetitia, Thomas, Alexandre, Yannick, Julien, Thomas.

Merci à Vimala pour les encouragements, et surtout pour m’avoir extrait trop souvent de la thèse.

Ce travail de recherche s’est déroulé dans des conditions intellectuelles et affectives qui débordent largement le cadre du doctorat, et dont celui-ci s’est nourri abondamment — parfois malgré moi. La thèse est un exercice d’exploration, d’analyse, de réflexion critique et d’écriture qui ne peut être réalisé qu’avec des apports culturels riches, des visions du monde politiques et positives, et une radicalité esthétique permanente. Je dois beaucoup de tout cela à Isabelle. Merci.